Bujumbura salue une résolution du Groupe des Africains et rejette celle de l’UE.

Le gouvernement burundais a favorablement accueilli la résolution du Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme votée jeudi sur initiative du groupe des Africains mais rejette celle de l’UE, a déclaré ce lundi Martin Nivyabandi, Ministre burundais de la solidarité et des droits de la personne humaine. « Nous soutenons cette résolution du groupe des Africains qui prévoit l’envoi de trois experts au Burundi, parce qu’ils vont collaborer avec les organes du pays et donner rapport à la justice burundaise, notre souveraineté nationale est prise en compte, ce qui n’est pas le cas pour l’autre résolution proposée par l’UE », a-t-il déclaré ce lundi sur Rema-FM, une radio pro-régime à Bujumbura.

La semaine dernière, le Burundi a fait coup sur coup objet de deux résolutions au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. D’abord, jeudi, le groupe des Africains a pris tout le monde de court en soumettant au Conseil une résolution qui prévoit l’envoi de « trois experts » au Burundi pour se pencher, aux côtés des instances burundaises, sur allégations de violations des droits de l’homme. Le Burundi soutient donc ce mécanisme. Le lendemain, le même Conseil a voté une autre résolution lui soumise par l’UE.

Cette résolution prolonge d’une année le mandat de la Commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’homme au Burundi. Bujumbura la rejette catégoriquement. A priori, la Commission d’enquête de l’ONU aura du mal à accéder au sol burundais comme au cours du premier mandat d’une année.  « Le Burundi rejette cette résolution comme il avait déjà rejeté le rapport de cette Commission dont il a contesté la mise en place, les enquêteurs ne fouleront jamais le sol burundais ».

Bujumbura reste obsédé par la CPI. « Cette Commission d’enquête de l’ONU vise, au final, la CPI, pour juger les plus hautes autorités du Burundi qu’elle accuse de crimes graves, le Burundi n’en sera plus membre depuis le 27 octobre, s’il y a des crimes, ils seront jugés au Burundi », a encore déclaré le ministre Martin Nivyabandi. La Commission avait présenté son rapport définitif le 18 septembre devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.

Bujumbura s’est déjà désengagée de la CPI le 27 octobre 2016. Une année après elle quittera définitivement ses radars.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, jugé non constitutionnel par l’opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti.

Un mandat qu’il a, quand même, obtenu en juillet de la même année au terme d’une élection boycottée par l’opposition.

Les violences consécutives a cette crise ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 25 septembre 2017.

 

 

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