Burundi : Bujumbura appelle l’ONU à mettre un terme à la politisation du Haut commissariat des droits de l’homme.

En réaction à la récente décision de la CPI d’ouvrir une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité au Burundi, Bujumbura a, dans un communiqué diffusé ce jeudi soir, demandé à l’ONU d’arrêter la politisation de certains organes, dont le HCDH.

«Le Gouvernement lance un appel au Secrétariat Général des Nations Unies de veiller à mettre un terme à la politisation de certains des principaux organes de son Système particulièrement le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et la CPI  qui sont devenus de véritables instruments de déstabilisation des Etats», a déclaré Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement.

Cette politisation risque d’entacher la crédibilité de l’ONU, selon Bujumbura. «A l’allure et à la façon dont se prennent certaines résolutions et décisions, ces Institutions risquent de multiplier les tensions et conflits plutôt que de les résoudre, et ainsi affecter la crédibilité de tout le système des Nations Unies», a encore déclaré le porte-parole du gouvernement burundais.

S’exprimant sur l’enquête de la CPI désormais autorisée, Bujumbura a déclaré que cela procède d’un vaste complot contre le pays.  «Cette décision, s’inscrit dans la logique d’un vaste complot contre le Burundi, visant particulièrement les Institutions mises en place démocratiquement», a précisé Philippe Nzobonariba. «C’est le fruit d’un agenda longuement planifié». Par conséquent, «toute coopération du Gouvernement avec la CPI ne peut être envisageable», a-t-il rappelé.

Le Burundi en veut particulièrement à la Belgique dont il fut une colonie. Bujumbura lui demande « de mettre fin à ses ambitions de remettre sous tutelle son ancienne colonie et à sa politique basée sur la  haine, la division qu’elle a introduite dans le pays depuis l’époque coloniale ».

Néanmoins, le Burundi a exprimé sa gratitude aux pays africains, à l’exception notable du Rwanda,  pour leur solidarité. « Le Gouvernement remercie particulièrement les Chefs d’Etats et de Gouvernements des pays africains particulièrement ceux de la famille de l’Afrique de l’Est pour leur rôle   pour que le Burundi garde sa souveraineté et sa dignité parmi les nations, à l’exception du Rwanda qui s’est désolidarisé ».

Le 9 novembre dernier, la Cour pénale internationale avait déclaré avoir autorisé le Procureur de la CPI «à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017».

Le Burundi est devenu un État partie à la CPI en décembre 2004. Le 27 octobre 2017, il est devenu le premier État membre à se retirer officiellement de cette Cour. Mais ce retrait ne pouvait être en aucun cas un frein aux poursuites, selon les statuts de la CPI.

Fin septembre 2016, le Conseil des Nations unies pour les droits l’homme avait créé une Commission indépendante d’enquête sur la violation des droits de l’homme au Burundi.

Cette Commission a présenté son rapport provisoire où elle a évoqué une poursuite des violations des droits de l’homme en juin dernier. Son rapport définitif a été présenté en septembre dernier à l’occasion de la 36eme session du Conseil des droits de l’homme à Genève les 18 et 19 septembre.

Le Burundi a suspendu, l’année dernière, sa coopération avec le bureau local du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, qu’elle accuse de « complicité dans l’élaboration d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme au Burundi ».

Le Bureau onusien des droits de l’homme au Burundi compte une vingtaine d’expatriés en plus d’un réseau de Burundais répartis sur tout le pays.

Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt, en avril 2015, de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat qu’il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l’accord d’Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l’opposition, la Société civile et une partie de son propre camp.

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