Burundi : La crise risque «d’embraser toute la région», dixit l’opposant Alexis Sinduhije.

Que la Communauté internationale ne dise pas qu’elle n’a rien vu venir. Si rien n’est fait, l’enlisement de la situation politico-sécuritaire au Burundi risque de mener à un embrasement général de toute la région des grands lacs et au delà, a alerté l’opposant burundais Alexis Sinduhije, président du parti Msd (Mouvement pour la solidarité et le développement.

Dans une large interview accordée au journal « Afrikarabia », Alexis Sinduhije déplore la mollesse et le peu d’engagement de la communauté internationale pour résoudre la crise politique au Burundi. «La situation est très dangereuse, non seulement au Burundi, mais dans toute la région. Il y a un risque de conflagration régionale ».

Pour lui, la solution viendra uniquement de «la tenue d’élections libres, justes et transparentes sous le contrôle de la communauté internationale, la libération des prisonniers politiques, le retour des réfugiés, le démantèlement des milices, le rétablissement de la démocratie et notamment de la presse privée et indépendante».

En outre, compte tenu de ce qui se profile en République démocratique du Congo sur fond d’accointances inquiétantes entre Bujumbura et Kinshasa, il y a fort à parier que les deux despotes mijotent quelque chose de pourri pour la région, selon Alexis Sinduhije.

«Ces deux autocrates cyniques et démonétisés sont prêts à tout pour repousser les exigences de la communauté internationale. Ils profitent d’une situation devenue très dangereuse depuis la rive Atlantique, jusqu’à l’Océan Indien ».

Reste que dans tout cela, l’ONU semble déboussolée. «L’ONU doit renforcer la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) qui compte déjà environ 10.000 Casques bleus opérationnels, sauf à voir le chaos s’installer. En RDC, la Monusco mobilise plus de 20.000 hommes pour un coût annuel dépassant un milliard de dollars, à peu près en pure perte. Au Darfour, au sein de la Minuad, mission conjointe avec l’Union africaine, les Casques bleus se sont complètement discrédités. Le Sud-Soudan est à l’agonie, le Kenya sombre à présent dans le chaos. L’technisation de la compétition politique y est très dangereuse », fait remarquer l’opposant.

Bujumbura et Kinshasa émettent sur la même longueur d’ondes alors que les relations entre Bujumbura et Kigali sont exécrables depuis plus de deux ans. C’est inquiétant, estime Alexis Sinduhije. «Derrière ce discours convenu, il y a des raisons de penser que l’objectif commun est de favoriser des actes hostiles contre le Rwanda, pour mobiliser des opinions publiques travaillées par la propagande ethniste et prêtes à s’enflammer dans une chasse aux Tutsi. Ce discours de haine est parfaitement documenté, en particulier au Burundi».

Pour ce qui est du débat autour de la constitution que Pierre Nkurunziza veut remodeler à sa guise, Alexis Sinduhije estime qu’au delà de la constitution, c’est la personne de Pierre Nkurunziza qui pose problème. «Les Burundais sont plongés dans la crise par sa faute. Le pays restera dans cette situation aussi longtemps que ce président illégitime, qui se prétend investi par Dieu, sera libre de conduire le Burundi au naufrage».

 

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