Burundi : L’effectif des réfugiés va crescendo suite aux « menaces et abus» des Imbonerakure

Au Burundi, les jeunes affiliés au parti au pouvoir (CNDD-FDD) continuent à persécuter les opposants, a déclaré l’ONG Initiative pour les droits des réfugiés(IRRI) dans un rapport diffusé ce jeudi.

Cette organisation internationale affirme que la courbe des réfugiés reste ascendante bien que les autorités burundaises ne cessent de répéter à qui veut les entendre que la paix est déjà effective à l’échelle nationale.

«Alors que certains retournent au Burundi et qu’il y a moins de violence ouverte, les nouveaux arrivants dans les pays voisins dépassent largement les rapatriés, et tous les Burundais interrogés ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de revenir dans un proche avenir», a déclaré Thijs Van Laer, responsable de programme chez IRRI.

En juin 2017, IRRI a interviewé des Burundais récemment arrivés en Ouganda. « Ils ont décrit comment ils ont été sévèrement torturés en détention, comment les membres de leurs familles ont été brutalement tués ou comment ils ont continué à souffrir en raison du sort des membres de la famille arrêtés par l’Imbonerakure, une milice affiliée au parti au pouvoir ».

Ils sont nombreux à contester « le récit officiel du gouvernement burundais, qui invite les réfugiés à retourner dans leur patrie, car la paix et la sécurité prévalent sur l’ensemble du territoire national».

Leur calvaire est sans précédent, selon des témoignages recueillis par IRRI. «Les réfugiés ont déclaré des histoires horribles de viols, de tortures et de meurtres des membres de l’opposition, mais aussi des citoyens ordinaires, par les agents des services de sécurité et de Imbonerakure (membres de la Ligue des jeunes affiliés au parti présidentiel) ».

Bujumbura n’a pas encore officiellement réagi à ce rapport. Mais à travers son compte twitter, Willy Nyamitwe, Conseiller principal en communication à la présidence burundaise, le qualifie déjà de « mensonger ».

Le 20 juillet dernier, Monsieur Pierre Nkurunziza a effectué une visite officielle d’une journée à Ngara en Tanzanie. S’adressant aux réfugiés burundais installés dans ce pays, Pierre Nkurunziza leur a demandé de regagner leur pays qui a, selon lui, recouvré la paix. Un appel qu’a aussitôt relayé le président tanzanien. « Chers réfugiés venus du Burundi, vous avez entendu l’appel du président Nkurunziza. Rentrez dans votre pays »’, avait déclaré Magufuli, repris par la presse burundaise.

Selon les statistiques de l’agence de l’ONU pour les réfugiés, le flux des réfugiés burundais dans les pays voisins ne fléchit pas. Au 21Août 2017, plus de 400.000 mille burundais avaient pris le chemin de l’exil depuis fin avril 2015.

Avec un effectif de plus de 240 mille personnes, la Tanzanie est le premier pays d’accueil des réfugiés burundais. Elle est suivie par le Rwanda (87 mille), l’Ouganda (37 mille) et la République démocratique du Congo (40 mille). Les autres, moins nombreux, sont éparpillés dans les pays voisins du Burundi, en l’occurrence le Malawi, le Mozambique, le Kenya et la Zambie, selon les mêmes données.

Depuis plus de deux ans, le Burundi est secoué par une grave crise-politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3eme mandat jugé illégal par l’opposition, la société civile et même une partie de son propre camp. Les violences ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé des centaines de milliers d’autres personnes à l’exil, d’après l’ONU.

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