Burundi: L’opposition boycotte la session de dialogue d’Arusha fixée du «26 novembre au 8 décembre 2017»

Dans un communiqué publié la nuit de ce mercredi, l’opposition burundaise en exil a déclaré avoir appris «la convocation par la Facilitation d’une dernière session des pourparlers inter-burundais à Arusha du 26 novembre au 8 décembre 2017» et «refuse de participer à cette session qui va consacrer la mort définitive de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, socle de la cohabitation pacifique et de la réconciliation».

D’après l’opposition burundaise, cette prochaine session d’Arusha aurait pour objet de rapatrier le processus des pourparlers au Burundi. «Ce rapatriement implique que la Facilitation va mettre ce processus entre les mains de Monsieur Pierre Nkurunziza», a ainsi déclaré le professeur Charles Nditije, président du Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit(CNARED), principale plateforme de l’opposition en exil.

L’opposition est d’autant plus déçue que la Facilitation vient d’annuler une réunion à son intention. «Cette convocation coïncide avec l’annulation unilatérale d’une réunion de consultation avec le CNARED qui avait été proposée par la Facilitation, les 18 et 19 novembre 2017».

L’opposition demande à la communauté internationale, en particulier l’ONU, l’UA et la CAE de «ne pas cautionner cette énième descente aux enfers du Burundi». Enfin, aux bailleurs de fonds, l’opposition burundaise demande de «ne pas financer cette messe de requiem pour l’Accord d’Arusha».

Bujumbura n’a pas encore fait de réaction ni par rapport à ces déclarations de l’opposition, ni au sujet de cette session de dialogue interburundais annoncée.

Les autorités burundaises ont toujours réclamé le rapatriement de ce dialogue initié par les pays membres de la Communauté d’Afrique de l’est, CAE pour mettre fin à la crise burundaise.

Depuis plusieurs mois, ce dialogue inter-burundais se trouve au point mort face au refus de Bujumbura de se mettre à la même table que l’opposition radicale qu’elle accuse d’être derrière la tentative de coup d’Etat de mai 2015 contre le régime en place.

Lors de sa dernière visite à Bujumbura en décembre 2016, Benjamin Mkapa avait promis de conclure ces pourparlers fin juin 2017, ce qui n’a toujours pas été fait à ce jour.

De l’avis de nombreux observateurs, Bujumbura accorde plus d’attention et d’importance au dialogue interne piloté par la Commission nationale de dialogue interne (CNDI) contrôlé et financé par le pouvoir.

Créée en septembre 2015, cette Commission a rendu son rapport au Président Pierre Nkurunziza en mai dernier. Parmi ses recommandations phares figurent la révision de la constitution et la suppression de la limitation des mandats présidentiels.

Depuis plus de deux ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire suite à la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR).

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