Burundi : Pierre Nkurunziza repeuple ses prisons à pas de charge.

Du haut de son 3ème mandat malicieusement volé au peuple burundais, Pierre Nkurunziza poursuit sereinement sa politique de réduire strictement au silence tous ses opposants réels ou présumés.

Par sa police/milice Imbonerakure interposées, il les tue au compte-goutte et atrocement, les fait disparaitre miraculeusement, les pousse à l’exil (tout en demandant à ceux qui ont pris le large de regagner leurs pénates) ou les emprisonne à la pelle.

Mais comme le pays qu’il prétend diriger n’est plus que l’ombre de lui-même,  vue l’anémie de son économie, l’insécurité devenue chronique, la vague des violations des droits de l’homme désormais monnaie courante, le rang des mal-aimés de Pierre Nkurunziza grossit à vue d’œil, y compris dans son propre camp. L’intéressé ne le sait/voit que trop. C’est ainsi qu’il a déjà ravivé ses sempiternelles recommandations à qui l’on sait. Tout est en branle pour étouffer dans l’œuf la moindre velléité de contestation.

Les rares miraculés de son coup volontiers létal sont en quarantaine. Ainsi, les prisons sont plus bondées que jamais. Et pour preuve. Le nombre de détenus a particulièrement augmenté durant les cinq derniers mois au Burundi, a rapporté le 24 septembre l’ONG des droits de l’homme SOS-Torture/Burundi, dans un rapport publié ce dimanche soir.

«Au cours des cinq derniers mois, 1.599 nouveaux détenus ont été enregistrés ; soit une moyenne de 319 nouveaux détenus chaque mois dans les prisons au Burundi».

Aujourd’hui, les détenus sont estimés à plus de 10.000 personnes pour une population d’un peu plus de dix millions d’habitants. «En cette fin du mois de septembre 2017, force est de constater que le nombre de détenus est à nouveau en forte hausse avec 10.210 prisonniers au Burundi, en plus de 94 nourrissons contraints d’être gardés en prison avec leurs mères faute de structures d’accueil appropriés », rapporte ainsi cette organisation.

SOS-Torture Burundi note aussi que le nombre de prévenus (5.621) dépasse celui des condamnés (4.480). Ce qui, selon cette organisation, « laisse craindre les détentions arbitraires et abusives régulièrement répertoriées ».

C’est à se demander si Pierre Nkurunziza repeuple les prisons à pas de charge pour avoir qui «gracier» le 31 décembre. Lors de ses habituels discours pompeux à la fin de l’année dernière, il avait annoncé une mesure de grâce en faveur de près de 2 500 prisonniers. A en croire sa ministre de la Justice Aimé Laurentine Kanyana, la plupart de ces personnes graciées l’année dernière sont auteurs des «destructions tant humaines que matérielles causées lors de l’insurrection». Elle faisait allusion aux braves contestataires de son 3ème mandat qu’il a injustement coffrés à défaut, et par miracle, de les zigouiller.

Depuis fin avril 2015, le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire suite à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat de suite jugé non constitutionnel par l’opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti. Un mandat qu’il a, quand même, obtenu en juillet de la même année au terme d’une élection boycottée par l’opposition. Les violences consécutives a cette crise ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 18 septembre 2017.

 

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