Burundi : Triste troisième trimestre 2017.

Au Burundi, les cas de violation des droits de l’homme se sont particulièrement multipliés au cours du 3ème trimestre de 2017, selon un rapport de la Ligue burundaise des droits de l’Homme, Iteka (dignité).

La Ligue Iteka illustre ses propos par des chiffres pour le moins inquiétants. «Au moins 125 personnes ont été tuées dont 48 cadavres jetés dans les rues, brousses ou rivières, 10 portées disparues, 62 torturées, 659 arrêtées arbitrairement, 11 victimes de viols et 164 personnes blessées».

Les victimes sont essentiellement des opposants politiques et de la société civile. «Les membres des partis de l’opposition surtout le Front national de libération (FNL), le Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), le Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) ainsi que ceux des membres des associations issues de la société civile ont été une cible privilégiée ».

Les effectifs élevés des personnes tuées sont localisés dans les provinces Kayanza avec 18 cas, Bujumbura Mairie et Cibitoke avec 16 cas chacune. C’est la Mairie de Bujumbura ainsi que les provinces de Gitega (120 km de Bujumbura vers le centre) et Makamba (200 km de Bujumbura vers le sud) qui vient en tête des localités ciblées, notamment pour ce qui est des cas d’arrestations arbitraires. La Ligue relève en effet «des effectifs inquiétants des cas d’arrestations en Mairie de Bujumbura avec 258 cas, en province Gitega avec 130 cas et en province Makamba avec 89 cas».

Ce rapport permet à cette organisation de défense des droits de l’home «de dégager les grandes tendances qui se dessinent par rapport aux violations des droits de l’Homme, de mettre en exergue les violations majeures, d’alerter à temps sur les graves violations des droits humains et sur la dégradation de l’état sécuritaire dans le pays ».

Pour mettre fin à ces violations des droits de l’homme, la Ligue Iteka demande au gouvernement burundais de «mettre fin sans tarder à la violence d’Etat et aux violations des droits de l’Homme en assurant effectivement la sécurité de la population et la protection de ses droits conformément aux textes nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits de l’homme qu’il a ratifiés».

Elle demande en outre à l’UA de «mettre en application sa décision qui consistait à envoyer une force militaire de protection de la population burundaise en détresse» et à l’UE d’user «de son pouvoir en tant que premier partenaire financier du Burundi afin de contraindre le pouvoir de Bujumbura de revenir sur la table des négociations par la mise en application de la récente résolution votée ».

La Ligue des droits de l’Homme Iteka est membre de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme et des Peuples (UIDH) et est affiliée à la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH).

Depuis plus de deux ans, elle publie chaque mois son rapport de monitoring sur les cas de violations des droits de l’homme dans le pays.

Bujumbura n’a pas encore réagi par rapport à ce décompte macabre de la Ligue Iteka.

Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza, fin avril 2015, pour un troisième mandat, contesté par l’opposition et la société civile.

Les violences ont déjà fait plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 25 septembre 2017.

 

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

NOUS CONTACTER

Nous ne sommes pas disponible pour le moment mais vous pouvez nous envoyer un courriel et nous nous efforcerons d y repondre dans les plus courts délais. Merci.

En cours d’envoi

©2018 Arnoldlinks 

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?