Burundi:Un président festoyeur pour face à un peuple en agonie .

Emery Pacifique Igiraneza s’est spécialisé dans les relations internationales et la mondialisation.  Il a travaillé sur différents projets au niveau national et international en Europe et en Afrique. Il est actuellement consultant en analyse de marché et sécurité d’investissement.

Si « agonie » rime avec souffrance physique ou mentale extrême, on peut dire que les Burundais sont en pleine agonie. Ils souffrent énormément des violations fragrantes des droits de l’homme, de la pauvreté extrême et de l’insécurité croissante, etc.


Il est évident que le gouvernement est à l’origine de cet état d’agonie. Au lieu de promouvoir les droits politiques et les droits de l’homme les plus élémentaires, en l’occurrence le droit à la vie, le gouvernement du Burundi utilise ses forces de sécurité et la jeunesse du parti au pouvoir pour opprimer, torturer et tuer la population.

D’aucuns se souviennent encore par exemple de la façon dont le 11 décembre 2016, la police, l’armée et les Imbonerakure ont forcé leur chemin dans des maisons des quartiers contestataires du 3eme mandat de Pierre Nkurunziza, ordonnant aux résidents de leur montrer où des jeunes hommes, pris pour « des combattants » se cachaient, avec des insultes à l’égard de l’ethnie tutsie, tuant des dizaines de personnes à Nyakabiga et Musaga avant de procéder à des arrestations arbitraires à grande échelle.

Cette attitude d’oppression orchestrée par l’État n’a jamais cessé depuis lors.

Des femmes ont été violées, de jeunes enfants tués, des parents kidnappés.

Tout cet horrible spectacle se passe à ciel ouvert et sur fond de pauvreté extrême.

Les chiffres donnent la chair de poule. Le Burundi est le deuxième pays le plus pauvre du monde. 58% des Burundais souffrent de malnutrition chronique. Pour mettre cela en perspective, plus d’un Burundais sur deux souffre de malnutrition. La classe ouvrière ne peut pas se procurer des besoins fondamentaux tels que les médicaments, le transport ou la communication, car ils consacrent 2/3 de leur revenu à la nourriture.

En plus de ces graves violations des droits de l’homme, de la faim et de l’extrême pauvreté il y a aussi le problème d’insécurité. Non seulement les Burundais ne font pas confiance à leurs forces de sécurité, mais aussi ils ne croient pas qu’ils sont capables de les protéger. Actuellement, il y a une crainte croissante parmi les habitants de la ville de Bujumbura, car des inconnues ont récemment tué au moins 5 personnes dans les différentes attaques de grenade dans la capitale.

Non seulement la police n’a pas identifié les criminels, mais le gouvernement n’a pas écouté la demande des habitants des quartiers ciblés qui ont besoin d’un éclairage public afin que les criminels ne se cachent pas dans l’obscurité pour continuer leur salles besogne.

Face à un gouvernement qui opprime ainsi un peuple qu’il était censé protéger, les Burundais n’ont que deux options: fuir le pays ou vivre dans cette extrême souffrance. Des centaines de milliers ont réussi à s’échapper. Les autres vivent dans l’agonie. Ils ne savent pas à quel saint se vouer.

Dans la tradition burundaise, la mort est un souffre-douleur pour tous. Par exemple, lorsqu’un membre de la communauté meurt, les voisins cessaient de travailler pendant cinq jours pendant lesquels ils se privaient toute célébration ainsi que de délicieux repas.

Actuellement des fils et filles du Burundi meurent presque chaque jour, en plus de 2000 personnes tuées depuis le début de la crise actuelle en 2015. Pendant ce temps, Pierre Nkurunziza multiplie fêtes et autres occasions jubilatoires.  Insensible aux souffrances de son peuple.

Ce dont le Burundi avait besoin n’était pas un président qui choisit d’ignorer la souffrance de son peuple pour organiser des grandes fêtes religieuses.

Mais malheureusement ce que beaucoup de Burundais ont constaté cette semaine, c’est que monsieur Nkurunziza avait organisé un événement de célébration nationale à l’instar d’Umuganuro du Glorieux passé du pays dans la province centrale de Gitega, alors que des grenades déciment des citoyens innocents dans la capitale du pays. Ce faisant, M. Nkurunziza a de nouveau torturé les Burundais. Il a donné un message clair qu’il ne se soucie pas d’eux, qu’il célèbre leurs souffrances et qu’il le fait à leurs frais. Les Burundais ont une expression pour ce niveau de cruauté : « GUTAMBA KUMUVYIMBA -danser en présence d’un corps sans vie- »

 

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